Le tampon TN
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Le tampon TN

 

http://crdp.ac-bordeaux.fr/cddp64/Gabard/gaz.htm

 

 

Lebeau cherchait, depuis le mois d’août 1915, à réunir sur une seule compresse, les solutions neutralisant le phosgène et l’acide cyanhydrique. Le 25 octobre 1915, il propose donc une nouvelle formule d’imprégnation qui, non seulement assure une protection efficace contre des concentrations élevées de phosgène, mais permet encore de n’utiliser qu’une seule compresse à la place des anciennes C2 et C3. Le procédé est beaucoup plus efficace et permet une protection contre de nombreux autres toxiques, potentiellement utilisables par l’ennemi. Toutefois, avant d’adopter définitivement la nouvelle formule, Lebeau souhaite faire de nouveaux essais. Elle n’est adoptée que le 16 novembre 1915, et baptisée formule à la Néociane. Désormais, les appareils protecteurs ne comporteront plus que deux types de compresses :

-          Une au ricin-ricinate (procédé de Lebeau, adopté le 3 août 1915).

-          Une deuxième à la Néociane (procédé de Lebeau, adopté le 16 novembre 1915).

Cette formule de neutralisation chimique devait subsister jusqu’au début de l’année 1918.

 

Suite à, l'adoption d'une nouvelle solution neutralisante, bien plus performante et enfin efficace contre le phosgène (le 16 novembre 1915) et après plusieurs modifications apportées au masque T, le nouvel appareil est baptisé masque TN.

Il est livré dès le 1er janvier 1916. 6,8 millions d'exemplaires seront manufacturés.

Un étui triangulaire, muni de deux sangles est adopté. Puis, à compter du 14 janvier 1916, les TN sont envoyés dans un étui métallique de section ovale.

 

Voir : La transformation du masque T en masque TN.

 

En haut : masque TN typique des premières fabrications ; le mode d'attache est identique à celui des masques T. La mise en place sur le visage est relativement complexe.

 

En haut : masque TN, fabrication après le 7 janvier 1916 ; les liens formant coulisse sont reliés entre eux au moyen d'un élastique. La mise en place du masque s'en trouve grandement facilité.
 
A gauche : pochette pour tampon TN ; elle évite la dessiccation trop rapide des compresses.

La formule à la Néociane était destinée à être utilisée dans un nouvel appareil qui devait être aussi parfait que possible. La Commission souhaitait prendre le temps nécessaire pour réaliser de nombreuses expérimentations et aboutir à un masque complet, en améliorant un modèle proposé par l’établissement Gravereaux en septembre 1915. Une fois encore, plusieurs éléments vont brusquer ces prévisions.

Le 26 novembre 1915, une nouvelle attaque allemande par vague gazeuse à lieu dans la région de Verdun, entre Forges et Béthincourt. Elle est renforcée, en plusieurs endroits, par l’action de munitions lacrymogènes et toxiques.

L’enquête du docteur Flandin[1] fait ressortir plusieurs points qui vont impressionner le G.Q.G.. Il s’avère en effet, que la protection apportée par le tampon P2 contre la palite, est bien inférieure à celle que l’on supposait[2]. Le plus troublant est l’attaque qui se produit au fond de la cuvette du village d’Avocourt. La vague gazeuse ne parvient pas jusqu’à cet endroit mais un bombardement d’obus toxiques à lieu vers 17 heures. Les hommes présents éprouvent une impression d’angoisse thoracique sans aucuns autres symptômes ; ils se remettent alors rapidement. Mais plusieurs après, ces signes reviennent en s’aggravant et plusieurs hommes meurent sur place. Flandin attribut ces intoxications à l’utilisation de phosgène[3]. Le G.Q.G. prit très au sérieux ses conclusions. Le phosgène étant alors le toxique dont l’utilisation était la plus redoutée. Cette attaque parut marquer un pas dans l’escalade à la toxicité des substances utilisées. Le phosgène est considéré comme vingt fois plus toxique que le chlore, mais surtout, les tampons P2 et les masques T les plus récents, à trois compresses, ne neutralisent pratiquement pas cette substance.

Suite à ces événements, les Français considèrent qu’il faut impérativement produire un nouveau masque protégeant contre le phosgène. Les études sur le masque Gravereaux ne sont pas encore suffisamment avancées, et dans l’urgence, on décide de modifier le masque Tambuté. En premier lieu, le nombre de compresses neutralisantes est ramené à deux : une au ricin-ricinate et la deuxième imprégnée de la formule à la Néociane, bien plus efficace contre le phosgène. Lebeau et Banzet recherchent ensemble un système d’attache plus sûr que celui du tampon T. Ils proposent la suppression des deux liens latéraux placés à côté des points d’attache de l’élastique et de raccourcir les liens formant coulisse pour les réunir par un élastique d’environ 20 cm de long. Enfin, on copie l’idée d’utiliser une toile imperméable comme pare-pluie sur un prototype de masque proposé par la maison Borrel. Ces modifications sont appliqués immédiatement à la production et les premiers exemplaires du nouveau masque, appelé TN pour Tambuté Nouveau modèle, sont livrés aux armés dès le 1er janvier 1916.

Le masque TN marque un net progrès en comparaison au masque T. Il sera livré dans un étui triangulaire aux dimensions du masque, muni de deux sangles permettant de le porter au ceinturon en cas d’alerte. Le masque est porté dans les sachets S2 car l’étui triangulaire ne permet pas d’y introduire les lunettes. Les hommes y conservent également leur tampon P2, comme appareil de secours.

A partir du 14 janvier 1916, les TN sont envoyés dans un étui métallique de section ovale, destiné à assurer une meilleure protection contre les chocs et les intempéries. Les lunettes y trouve également leur place. Cet étui devait bientôt remplacer tout les sachets S2.

Le masque TN sera produit à 6,8 millions d’exemplaires ; il restera en dotation jusqu’à son remplacement progressif par le masque M2. En 1917, sa présence au front devient exceptionnelle.


[1] Médecin membre de la Commission, chargé d’enquêter au front sur les effets des substances utilisées par l’ennemi.

[2] De nombreux hommes , ayant encore leur masque sur le visage, ont éprouvé les symptômes de l’intoxication à la palite, lors de l’explosion d’obus emplis de ce toxique, dans leur voisinage. Tous seront intoxiqués et nombre d’entre eux vont décéder.

[3] Aujourd’hui encore, l’utilisation de munitions emplies de phosgène lors de cette attaque reste douteuse. André Kling, qui réalisa la même enquête, conclut à l’utilisation de palite sans impuretés de fabrications, qui présenterait alors d’es effets presque identiques au phosgène.

 

 

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