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Le masque du pharmacien Labesse:

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Les masques du 1er Corps d’Armée Colonial

Ce masque, encore appelé demi cagoule, portait à l’époque le nom de masque colonial ou masque Dehoey-Leclercq. En juillet 1915, le médecin aide-major Leclercq et le commandant du Génie Dehoey, cherchèrent à mettre au point un masque complet, s’appliquant rapidement sur le visage. Ils imaginèrent donc une demi cagoule, constituée d’un tissu étanche caoutchouté, qui recouvrait uniquement le visage et l’arrière de la tête. L’étanchéité était assurée par un lacet coulissant sur le bord de l’appareil. La vision se faisait au travers de deux plaques transparentes cousues et la filtration était réalisée par une serviette en tissu éponge, fixée devant les voies respiratoires. Une petite série est fabriquée et distribuée au mois d’août, imprégnée de la solution au ricin-ricinate. L’expérience donnant pleinement satisfaction, 50 000 unités sont à nouveau commandées dès le début du mois de septembre, et livrées au 1er C.A.C.. Le masque Dehoey-Leclercq plut rapidement à la IVe armées, dont le 1er C.A.C. faisait partie. Elle commande ainsi, vraisemblablement au cours du mois de septembre, 250 000 appareils à un confectionneur privé, qui seront livrés à compter du mois d’octobre. De nombreux fabricants privés proposèrent également ce genre de demi cagoule avec tampon en tissu éponge. Au cours du mois de novembre 1915, la Commission de protection souhaita interdire ce genre d’appareils. Seulement, les armées qui avaient adoptées leurs propres appareils ne semblaient pas vouloir l’entendre ainsi et de nombreuses concessions seront faites pour continuer à autoriser ce genre de maques qui pouvaient parfois se montrer complètement inefficaces. Le 25 novembre 1915, sur l’insistance du général de Langle de Cary, commandant la IVe armée, et du G.Q.G., la Commission procède à un nouvel essai des masques du 1er C.A.C. et de la IVe armée. Six premiers expérimentateurs entrent dans une chambre remplie de chlore à concentration moyenne, munis de masques du 1er C.A.C.. Quatre sortent au bout de 3 minutes, fortement incommodés. Puis six autres candidats entrent à leur tour avec le masque de la IVe armée ajusté au visage. Cette fois ci, pas un seul ne pourra y rester plus d’une minute. Ces résultats catastrophiques sont consignés sur procès verbal et transmis au G.Q.G.. Et pourtant, en dépit de toute logique, ces masques vont rester en service, et pire encore, 80 000 de ceux-ci vont encore être distribués au 2e Corps de Cavalerie de la IVe armée[1]


[1] La IVe armée avait d’ailleurs été victime (avec la Ve armée) de plusieurs attaques par vagues gazeuses, les 20 et 21 octobre 1915, près de Reims. Elle dénombrera 3500 évacuations pour intoxication et 180 décès parmi lesquels 120 ou 130 des victimes portaient le masque de la IVe armée ou d’autres appareils du commerce. Par ailleurs, la majorité des pertes lors de ces attaques, seront attribuées, soit à la défectuosité des masques, soit à leur mauvaise utilisation, soit à l’absence de masque.

 

 

 

 

 

 

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