Vagues francaises
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Les vagues françaises.  

 

Voir également : L'organisation de la réplique française. 

L’émission des vagues gazeuses dérivantes fut confiée au Génie. Des unités spéciales ont donc été constituées et appelées compagnies Z. A la fin de 1915, 3 compagnies existent : 22/31, 22/32, 22/33. Chaque compagnie se compose d’un état-major et de trois sections, auxquelles est rattaché un poste de météorologie. L’ensemble de la compagnie se compose de 5 officiers, les officiers Z, de 22 sous-officier et de 369 sapeurs. Recommandé par Joffre, le lieutenant-colonel Soulié fut nommé chef du Service des compagnies Z, par le Ministre de la Guerre au début de 1916. Peu après, trois nouvelles compagnies furent créées : 22/34, 22/35 et 22/36. En juin 1917, les unités Z sont constituées de 9 compagnies de 450 hommes, formant deux bataillons : le 31e et le 32e.Le 28 juin 1917, deux groupes sont formés, ayant chacun 2 bataillons à 2 compagnies, dénommés 1er et 2e groupe Z. Le nombre de compagnies fut ramené à 8 par suppression de la 5e compagnie du 31e bataillon. Il fut ainsi constitué dans chaque bataillon, par dissolution de cette compagnie, une section de parc. Ainsi, en juillet 1917, on compte : 2 groupes Z à 2 bataillons ; chaque bataillon étant constitué de 2 compagnies Z et d’une section de parc, chaque compagnie Z possédant 3 sections et un poste mobile de météorologie.

Les compagnies Z utilisaient trois types de bouteilles : type lourd (70 kg pour 40 kg de gaz), type moyen (50 kg pour 27 kg de gaz), type léger (25 kg pour 15 kg de gaz).

Pour les opérations avec matériel léger , l’émission pouvait avoir une durée de 5 à 20 minutes suivant la densité de la vague, sur un front de 500 à 600 mètres pour une compagnie (750 bouteilles légères, soit 11,250 tonnes de gaz par compagnie).

Pour les opérations avec matériel lourd, une compagnie pouvait faire une émission d’une durée de 1 à 2 heures, suivant la densité de la vague, sur un front minimum de 3 km. On utilisait alors près de 1000 bouteilles par km ; une compagnie pouvant mettre en œuvre environ 3000 bouteilles. Les bouteilles étaient groupées sur un collecteur en fer, prolongé par un tube d’éjection en plomb se terminant par une lance en fer. Les bouteilles étaient alors dissimulées dans des abris creusés au moins à 2 mètres sous le parapet.

La vague pouvait être rendue opaque par l’adjonction d’un produit fumigène : l’opacite ou chlorure d’étain.

La première opération des compagnies Z devait se réaliser dans l’Aisne, près du mont Têtu. Le lâcher de la vague, programmé pour le 3 décembre 1915, fut repoussé à plusieurs reprises pour finalement être annulé pour des raisons météorologiques et techniques. En effet, la robinetteries des bouteilles avant la fâcheuse tendance de fuir et les beaucoup de sapeurs, mal préparés, furent intoxiqués.  

 

 

Ci-dessus : Vue d'un collecteur fixé sur un tableau de distribution. Il permet de brancher plusieurs bouteilles sur une seule nourrice d'évacuation. Ci-dessus : bouteille à gaz de type lourd. Elle mesure 1,250m de haut pour 22 cm de large.

 

La première opération ayant effectivement été réalisée se déroula au nord de Reims, à La Neuville-Le Godat, le 14 février 1916 . L’opération était de faible envergure, près de 1400 bouteilles lâchant 30 tonnes de chlore sur 2,2km de front.

On comptabilise 25 attaques françaises durant l’année 1916.

L’année 1917 commença le 16 février en Champagne, dans le secteur de Sainte-Marie à Py-Saint-Souplet, sur un front de 1450 mètres. C’est la première attaque pour laquelle nous avons la certitude que les cylindres contenaient un mélange de chlore, phosgène et opacite.

 

 

Date

Front d’émission

Nature de l’émission

Corps allemands paraissant avoir subi l’attaque

Observations

14 février1916

La Neuville le Godat

4h30, front de 2200 m

Chlore

 

32e Div

 

25 mars 1915

Secteur de la Pompelle

23h00-23h30  23h45-00h05

Chlore

4e Div

 

13 avril 1916

Ferme de Quennevières, Boyau du peintre (Compièegne),2h30-4h00

Front de 2600 m

Chlore

103 tonnes

16e Div de réserve

 

4 juin 1916

Secteur Les Marquises

22h00-23h00

Chlore

103e Div

14 intoxications dans les unités Z

13 juin 1916

La Neuville Le godat

 

32e Div, 12e Btn de chasseurs

 

28 juin 1916

Fouquescourt-Parvillers-Andèchy

Front de 7100m

Chlore

220 tonnes

36e Div

 

5 juillet 1916

Lihons-Maucourt

 

35e Div

Opération interrompue ; 62 intoxications dans l’unité Z et 8 morts.

12 juillet 1916

Secteur Echelle Saint-Aurin-Dancourt-calvaire de Beuvraignes

Front de 5400 m

Chlore

130 tonnes

2e Div de la Garde

 

14 août 1916

Secteur Echelle Saint-Aurin-Dancourt-route de Tilloloy à Roye

Front de 3800 m

Chlore

110 tonnes

11e Div de réserve

 

15 août 1916

Secteur sud-ouest de Moulin-s/-Touvent

Front de 2200 m

Chlore

40 tonnes

16e Div de réserve

 

25 août 1916

Ferme de Navarin

 

9e et 10e Div de réserve

 

13 septembre 1916

Route d’Amiens à Roye et Andechy

Front de 2400 m

Chlore

40 tonnes

8e Div de réserve Bav

 

4 octobre 1916

Secteur Ferme de Quennevières Boyau Duplessis

Front de 2750 m

 

60 tonnes

45e Div de réserve

7 intoxications dans l’unité Z

6 octobre 1916

Secteur de Tahure

 

52e Div de réserve

 

28 octobre 1916

Secteur Echelle-Saint-Aurin-Dancourt

Front de 2100 m

 

100 tonnes

2e Div de la Garde

 

8 novembre 1916

Secteur de la Harazée

 

19e Div de réserve

 

23 novembre 1916

Secteur de Saint-Souplet

 

10e Div erzatz

 

25 novembre 1916

idem

 

Idem

 

5 décembre 1916

Fouquescourt-Andéchy

 

210 tonnes

15e Div de réserve

6 intoxications

12 décembre 1916

Secteur sud-ouest de Moulins-s/-Touvent

 

 

213e Div

 

12 décembre 1916

Secteur de Bailly

Front de 500 m

 

212e Rgt de réserve

 

20 décembre 1916

Secteur au nord de Vingré

Front de 2200 m

 

80 tonnes

9e Div

4 intoxications

22 décembre 1916

Secteur Dancourt bois D

Front de 2750 m

 

100 tonnes

23e Div

 

23 décembre 1916

Secteur Dancourt bois D

Front de 2750 m

 

23e Div

 

31 décembre 1916

Secteur de Tahure

 

263e Rgt, 239e Rgt, 240e Rgt

 

16 février 1917

21h00

Secteur de Sainte-Marie à Py-Saint-Souplet, à l’est de la route Saint-Hilaire-le-Grand-Saint Souplet

Front de 1450 m, une vague 21h à22h30

Chlore + Phosgène + Opacite

Matériel lourd

25e Div de réserve

26 intoxications

17 février 1917

1h00

Secteur d’Auberive, à cheval sur la route de Mourmelon-le-Grand à Auberive

Front de 1400 m

Chlore + Phosgène

Matériel lourd

212e Div de réserve

Interrompue par une saute de vent

29 mars 1917

5h00

Idem

Chlore + Opacite en 2 vagues

Matériel ourd

212 Div de réserve

 

1er avril 1917

0h00

Bois Brûlé, forêt d’Apremont

Front de 600 m

1er vague 0h00 à 0h08, Chlore + Opacite

2e vague : 1h30 à 1h40, Chlore + Phosgène + Opacite

1er Div Bav

 

31 mai 1917

22h30

Secteur de Nieuport, entre la côte et le canal de Plaschenaele

Front de 2650 m

1er vague 0h00 à 0h08, Chlore + Opacite

2e vague : 1h30 à 1h40, Chlore + Phosgène + Opacite

126 tonnes

1er Div Maritime

Front non continu en raison des Polders.

30 intoxications

 

4 juin 1917

0h45

Idem

Front utile 1200 m

Une vague Chlore + Phosgène

12 tonnes

idem

Idem

11 juillet 1917

1h30

Secteur de Troyon, Bois de Saint-Remy au sud de la route de Mouilly à Saint-Remy

Front de 350 m

Une vague Chlore + phosgène + opacite de 15 min.

Matériel léger

8e Div de Ldw

 

11 juillet 1917

1h30

Secteur de Troyon, Bois Bouchot, en avant de Vaux-les-Palameix

Front de 400 m

1er vague : 1h30 à 1h38, Chlore + phosgène

2e vague : 2h30 à 2h36, Chlore + opacite

Matériel léger

45e Div de réserve

 

19 juillet 1917

La Harazée

Front de 400 m

Une vague Chlore + phosgène + Opacie de 1h00 à 1h12

Matériel lourd

2e Div Bav

 

24 juillet 1917

Urvillers

 

 

 

24 août 1917

Saint-Quentin, saillant de Rocourt, saillant côte 116

Front de 10 000 m

380 tonnes

25e Div de réserve

75 intoxications dont 1 mort.

9 septembre 1917

Creute du Panthéon

 

 

 

14 septembre 0917

Seicheprey, bois de la Hazelles

 

 

 

3 octobre 1917

Fey en Haye

 

Chlore + phosgène

 

 

14 octobre 1917

Marvoisier

Front de 400 m

7 tonnes

 

 

30 octobre 1917

Fey en Haye

Front de 1200 m

80 tonnes

 

 

24 novembre 1917

Secteur sud-ouest de Juvincourt, Viile au Bois

 

 

 

27 novembre 1917

Seicheprey, bois de Faye de Chenevières, bois de Remières

Front de 300 m

14 tonnes

 

 

9 décembre 1917

Bois de Mortmare

Front de 750 m

 

 

 

6 janvier 1918

Fey en Haye

Front de 1200 m

50 tonnes

 

19 intoxications

10 janvier 1918

Secteur de Reillon-Saint-Martin

Front de 3000 m

110 tonnes

 

12 intoxications dont 3 morts.

19 janvier 1918

Secteur de Veho

Front de 750 m

9 tonnes

 

6 intoxiqués

8 février 1918

Secteur de Badonviller, ferme du Chamois

 

 

 

19 mars 1918

Bois Banal

Front de 1200 m

 

45 tonnes

 

 

 

 

Ci dessus ; essais français d'émission de vagues de gaz et de fumigènes. Ci dessus : Poste de vidange des bouteilles de phosgène, dans l'atelier du MCG à Juvisy-sur-Orge. Les français décident d'utiliser le redoutable mélange de chlore et de phosgène pour l'émission de vagues dès décembre 1915. Il faudra cependant attendre le début de l'année 1917 pour qu'il soit utilisé, le temps que les compagnies Z aient acquis une expérience suffisante.

 

 

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