Vagues allemandes
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Les vagues allemandes sur le front de l’Ouest.  

 

 

Pour l’émission des vagues de chlore, l’Allemagne ne créa aucune installation fixe. Elle organisa, en coopérations avec des spécialistes, des compagnies de pionniers, n°35 et 36, commandés par des officiers chimistes.

Ces unités furent chargées à la fois du remplissage des cylindres et de l’émission du gaz.

Dans les premières vagues, seul le chlore pur fut employé. Par la suite (fin 1916 ou début 1917 ? Voir même fin 1915 pour d’autres sources), on lui ajouta souvent du phosgène et/ou de la chloropicrine.

Pour le remplissage des cylindres, on les disposaient en plein air sur une bascule et on les reliaient à un wagon citerne par un tuyau en spirale. Quand on chargea les cylindres en phosgène pur, on terminait le chargement par de l’air comprimé de façon à obtenir l’écoulement du gaz à toute température.

Les pionniers qui sont chargés d’ouvrir les cylindres de gaz sont en général équipés d’appareils protecteurs beaucoup plus efficaces que ceux dont dispose les combattants. Ces appareils, genre Draeger, les protègent des retours de vent pouvant alors rabattre sur les tranchées d’émission la nappe gazeuse. Ce danger était toujours craint et se produisit à plusieurs reprises (notamment en été 1916) . Ces catastrophes incitèrent aussi bien les chimistes français qu’allemands à n’utiliser que du chlore plutôt que du phosgène dans les vagues, tant que les appareils de protection des combattants n’étaient pas suffisamment performants vis à vis de ce gaz.

Dans les tableaux suivants, la densité et le tonnage de gaz utilisé, quand ils sont indiqués, proviennent de l’ouvrage La Grande Guerre chimique de Monsieur Olivier Lepick, editions PUF. Pour le reste, nous nous sommes volontairement limités aux archives officielles du S.H.A.T. de Vincennes.

 

 

Année 1915

 

Ypres, 22 avril 1915.

 

Front d’émission

Saillant d’Ypres, Langemark-Steenstraat.

Date

22 avril 1915. Vers 17h30

Largeur du front d’émission

6 kilomètres

Densité

25 tonnes/kilomètre.

Gaz utilisé

Chlore, 150 tonnes

Pertes

Le chiffre est encore contre versé aujourd’hui.

Décès

???

Pour plus d’informations sur cette attaque, voir : La seconde bataille d'Ypres

 

 

Ypres, 24 avril 1915, 1er mai, 2 mai, 6 mai, 10 mai 1915

 

Ces attaques sont de moindre envergure que celle du 22 avril.

Le 24 avril au matin, environ 15 tonnes de chlore sont lâchées dans le secteur de Saint-Julien, à l’est d’Ypres, sur des unités canadiennes.

Le 2 mai, 40 tonnes de chlore sont lâchées du côté de la colline 60 sur les troupes britanniques. L’opération est renouvelée 4 jours plus tard.

Enfin, le 24 mai, une nouvelle attaque à lieu, toujours dans le secteur d’Ypres. Nous reviendrons sur les détails de cette opération.

 

 

Champagne, Perthes-les-Hurlus, 5 octobre 1915.

Voir les détails de cette opération.

Front d’émission

Perthes-les-Hurlus, secteur de la 15e D.I.

Date

5 octobre 1915

Largeur du front d’émission

?

Densité

 

Gaz utilisé

Bromure de benzyle

Pertes

3

Décès

1

 

Reims, bois de la Pompelle, nuit du 19 au 20 octobre 1915.  

 

Front d’émission

Le 19 : de la butte de tir de Reims à l’est de Prosnes.

Date

19-20 octobre 1915

Largeur du front d’émission

12 km

Densité

23 t/km

Gaz utilisé

Chlore, 276 tonnes (pour le 19)

Pertes

3851 intoxiqués (4200 pour les rapports de Flandin et Kling) selon le médecin inspecteur Pauzat.

Décès

562 morts (3.1%)

Selon le rapport du médecin inspecteur Pauzat, 15 000 hommes ont été soumis à la vague le 19 et 8 à 9000 à celle du 20, dont la plupart avaient subis celle de la veuille. On dénombrera 19,8% d’intoxiqués. La plupart de ces hommes étaient équipés de masque P2 à trois compresses. Pour un tiers, de bâillons ricinés, de demi-cagoules ricinés (masque de la IVe armée), et de bâillons à l’hyposulfite.

L’analyse des viscères des hommes décèdes, les autopsies et l’analyse des appareils de protection ayant été utilisés permet de caractériser la présence de chlore seul dans la vague, et l’utilisation d’obus chargés en palite et en monobromacétone. On retrouvera trace également d’obus T de 150 à bromure de benzyl.

Pour plus d'informations sur cette attaque, voir : La création du masque Tambuté suite à la vague gazeuse des 19 et 20 octobre 1915.

 

 

Reims, bois de la Pompelle, 20 octobre 1915.

 

Front d’émission

Le 20 : de la butte de tir de Reims au secteur des Marquises.

Date

20 octobre 1915

Largeur du front d’émission

3 km

Densité

29 t/km

Gaz utilisé

Chlore, 87 tonnes

Pertes

  Voir ci-dessus

Décès

  Voir ci-dessus

Nous préparons une page sur les détails de cette opération.

   

Reims, Prosnes et les Marquises, 27 octobre 1915.

 

Front d’émission

Du secteur des Marquises à l’est de Prosnes.

Date

27 octobre 1915

Largeur du front d’émission

5 km

Densité

24 t/km

Gaz utilisé

Chlore, 120 tonnes

Pertes

1400 au minimum

Décès

190 au minimum

D’après les indications données par le Médecin-Major Leclercq, 5 à 6000 hommes auraient été soumis à la vague. 1400 au minimum seront intoxiqués (soit 25%) et 190 au minimum décèderont (soit 3,5%). Nous préparons une page sur les détails de cette opération.

 

 

Secteur Forges-Béthincourt, 22, 24, 26 novembre 1915.

Cette attaque inaugure une technique d’ouverture fractionnée des cylindres. Voir : La transformation du masque T en masque TN.

Voir les détails de cette opération.

 

Front d’émission

Entre Forges et Béthincourt

Date

22, 24 et 26 novembre 1915

Largeur du front d’émission

1 km

Densité

?

Gaz utilisé

Chlore

Pertes

387

Décès

57 (certainement beaucoup plus, d'après Jacques Péricard).

L’attaque du 26 au soir à été la plus importante. La vague a été émise dans la vallée du ruisseau de Forges. Elle a été renforcée par un bombardement d’obus chargés en palite dans le secteur compris entre le moulin de Rafécourt et le bois en U, et par un bombardement par projectiles de minenwerfer chargés avec des acétones bromés, ainsi que (selon toute vraisemblance) par des obus à palite, dans la région comprise entre Avocourt et le pont des Quatre-Enfants.

 

 

Secteur d’Ypres, 19 décembre 1915. Troupes britanniques.

 

Front d’émission

 

Date

19 décembre 1915

Largeur du front d’émission

3 à 4 milles environ

Densité

?

Gaz utilisé

Chlore et phosgène (détermination du phosgène par ses caractéristiques organoleptiques), 180 tonnes

Pertes

  705

Décès

  105

Selon le Médecin Aide-Major Flandin, 18 à 20 000 hommes auraient été soumis à la vague. 705 ont été intoxiqués (3,5 %) et 105 sont décèdes (0,5%). Ils étaient tous équipés de la cagoule anglaise. Voir également : La cagoule anglaise et l’apparition du phosgène dans les vagues gazeuses.

 

 

 

Année 1916

 

Les densités en toxique évoluent rapidement vers les 50 tonnes par kilomètre.

 

 

Somme, 21 février 1916.

Voir  les détails de cette opération et le témoignage d'un brancardier.

 

Front d’émission

Entre Fouquescourt et Lihons.

Date

21 février 1916, 5 heure du matin.

Largeur du front d’émission

7 km

Densité

  ?

Gaz utilisé

Chlore

Pertes

960

Décès

210

Les hommes étaient équipés du masque TN. Beaucoup d'hommes ont été surpris dans leur sommeil, ce qui explique le nombre important des pertes. Il y eut des intoxiqués jusque 8 km en arrière des lignes ; la vague à été perçue jusqu'à Amiens, à 34 km des lignes.

L’appareil Kling servant à prélever, à caractériser et à doser les gaz en présence a été déclenché. On ne caractérise que du chlore (à la concentration de 1,5g/m3) ; aucune trace de phosgène.

 

 

Secteur de Hulluch, Loos, 27 et 29 avril 1916. Troupes britanniques.

 

Front d’émission

 

Date

27 avril 1916, 5h00

Largeur du front d’émission

3 km

Densité

?

Gaz utilisé

Chlore

Pertes

486

Décès

135

  Le nuage de chlore reflua sur les lignes allemandes chez qui il causa de nombreuses victimes.

 

Secteur de Saint Souplet, 19 mai 1916.

 

Front d’émission

Ouest de la route de Navarin à Souain à la route de Saint-Souplet à Saint-Hilaire.

Date

19 mai 1916

Largeur du front d’émission

3 km

Densité

?

Gaz utilisé

chlore

Pertes

600 (0,5%)

Décès

150 (2%)

Selon Leclercq, 7 000 hommes environ ont été soumis à la vague. Ils portaient le masque M2 à viseur unique ou à double viseur et quelques TN.

Voir les détails de cette opération.

 

 

Secteur de la forêt de Parroy, le 22 mai 1916.

 

Front d’émission

Parroy

Date

22 mai 1916

Largeur du front d’émission

 

Densité

?

Gaz utilisé

 

Pertes

  0

Décès

  0

  Les effets de la vague sont nuls. Le nuage formé s'est perdu dans une petite vallée. Il y eu trois émissions successives, d'environ 5 minutes et espacée de 5 minutes.

 

 

Secteur d’Ypres, 8 août 1916. Troupes britanniques.

 

Front d’émission

Wieltje

Date

8 août 1916

Largeur du front d’émission

 

Densité

 

Gaz utilisé

 

Pertes

 

Décès

 

 

 

 

Année 1917

 

Secteur des Marquises, le 31 janvier 1917.

 

Front d’émission

Nord-ouest de Prunay à nord-est de Baconne

Date

31 janvier 1917.

Largeur du front d’émission

11,5 km

Densité

?

Gaz utilisé

Chlore et phosgène

Pertes

2062 (20,6%) d’après Leclercq

Décès

531 (5,6%) d’après Leclercq

Les hommes été équipés de masques M2 et de quelques TNH.

La durée d’émission à été d’une heure et trente minutes. La vague a été ressentie jusqu’à 50 km ! On a observé des intoxications mortelles jusqu’à 15 km et des intoxications moyennes 22 km derrière le front.

Les appareils respiratoires des hommes ayant subis la vague étaient épuisés jusqu’à 50 % de leurs capacités pour le phosgène ; la proportion de ce gaz devait-être extrêmement élevée.

 

 

Secteur du bois le prêtre, 7 avril 1917.

 

Front d’émission

De la corne sud-est du bois de Mort-Mare à la corne sud-ouest du bois de Frière.

Date

7 avril 1917

Largeur du front d’émission

4 km

Densité

?

Gaz utilisé

Chlore (utilisé seul d’après Lebeau et Kling, mais sans certitude).

Pertes

  410

Décès

108

Première émission vers 22h30. 2 ou 3 vagues successives. Les effets ont été ressenti durant près de deux heures et observés jusqu'à 16 km en arrière des lignes.  La vague est renforcée par le tir d’environ 5000 obus à croix verte à palite ou cétones bromées. L'appareil Kling à prélèvement n'a pas été mis en marche.

Lire le témoignage du Docteur Voivenel

 

 

Nieuport, le 23 avril 1917.

 

Front d’émission

 Depuis les dunes jusqu'au canal de Passchendaël

Date

23 avril 1917

Largeur du front d’émission

 4 km

Densité

?

Gaz utilisé

 

Pertes

 

Décès

 

  Il y eu 3 vagues successives. La première à 3h45 d'une durée de 15 à 20 minutes. La deuxième à 10 minutes d'intervalle pour la même durée. La troisième, plus courte et seulement en certains points. Plusieurs attaques d'infanterie ont suivies, mais d'effectifs faibles. D'après les caractères organoleptiques observés, la vague était composée de chlore et d'anhydride sulfurique (fumigène).

 

Nieuport, le 6 juin 1917.

 

Front d’émission

  idem vague du 23 avril

Date

6 juin 1917

Largeur du front d’émission

 

Densité

?

Gaz utilisé

  Chlore et phosgène (appareil Kling)

Pertes

 

Décès

 

  Il y eu 3 vagues successives (0h40: 20 minutes ; 1h15 : 15 minutes; 1h45 : +courte). La vague présentait un couleur blanche ; elle contenait de l'anhydride sulfurique (Nebel-Stoff). Le phosgène était présent à près de 1/3.

 

Secteur de Seicheprey, le 1er juillet 1917.

 

Front d’émission

Lisière nord-ouest du bois de Mort-Mare

Date

1er juillet 1917, vers 1 heure du matin

Largeur du front d’émission

5 km

Densité

?

Gaz utilisé

 

Pertes

386 (400 à 500 selon d’autres sources).

Décès

127

 

 

Secteur de Béthune, 26 septembre 1917.

 

Front d’émission

 

Date

26 septembre 1917.

Largeur du front d’émission

 

Densité

?

Gaz utilisé

Chlore et chloropicrine, 8 tonnes (d’après Olivier Lepick)

Pertes

 

Décès

 

Cette dernière attaque par vague gazeuse sur le front occidental à lieu dans des circonstances particulières. Le gaz est libéré dans des galeries d’une mine de charbon en activité dont les couloirs sont occupés par les Français, les Anglais et les Allemands. Le mélange gazeux se concentra dans les parties les plus basses de la mine où des soldats britanniques et des mineurs français périrent asphyxiés.

 

   

 

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